A l’orée d’un nouveau roman, tout est possible…

Pour celui-ci, L’Ange de Dalkey Island, je voyais                                une très jeune fille…

Au début elle s’appelait Alice, puis elle devint Molly…

Cela part de presque rien, une sensation, une vision fugace et fragile…

Contrairement aux romans précédents, je suis parti à l’aventure.

Ecrire est toujours un numéro d’équilibriste, doublé d’un exercice de trapéziste… Il vaut mieux préparer la route, savoir où l’on se rend.

Cette fois, j’étais à Nice. La proximité de la mer, peut-être, son intimité, m’ont donné confiance en elle, Molly. Ou alors la chaleur, qui devenait un ventre rassurant, dans lequel donner la vie semblait soudain moins difficile…

Je savais aussi que j’avais envie de parler de sujets qui me tiennent à coeur, depuis longtemps. Faire un pas vers l’ésotérisme, la vie après la mort, la magie des choses, les petits miracles que l’on ne voit pas toujours, la puissance de la pensée, la secrète évolution des désirs…

Bref, la vie invisible…

Je la trouve depuis quelques temps plus vraie que celle à laquelle la plupart d’entre nous se réfère et, trop souvent, se soumet.

Je craignais malgré tout le côté facile, trop vite fantastique des livres qui prétendent nous emmener de l’autre côté du miroir. Ce n’est souvent qu’une vitre sale derrière laquelle on voit encore plus mal.

Un jour, sur une plage d’Irlande, au sud de Dublin, Molly, 14 ans, rencontre son père. Mais celui-ci est mort depuis 10 ans…

Dès lors, tout commence…

Ce dialogue de la première partie du livre, entre une jeune fille et son père revenu de l’au-delà, j’ai aimé le composer. C’était comme une récréation soudaine, un droit que je m’octroyais.

Mais cela ne suffisait pas, je le savais bien. Le lecteur serait vite rassasié de mes frasques magiques, et aurait tôt ou tard besoin d’un peu de « réel » pour croire à l’histoire. Même à la folie, il faut savoir donner du crédit.

Alors j’ai inventé Dylan.

Vous verrez, il nous ressemble, lui. Il est incarné, charnel, souvent faible, d’autre fois héroïque, presque trop réel.

Un suspense a pu se nouer, dans ce qui risquait d’être une suite de pensées désordonnées.

Une histoire naissait, d’autres personnages, le grand-père de Molly, Lucy, la fiancée de Dylan, et du passé poussait sous le présent pour faire éclore de l’avenir.

Comme dans la vie, quoi.

Ce roman, l’Ange de Dalkey Island, je ne peux pas trop le raconter, car votre plaisir s’en trouverait amoindri. N’hésitez pas à me dire ici ce que vous en avez pensé.